Le syndrome de Dravet, La maladie

SD-11
Audrey Reaux
Écrit par Audrey Reaux

Epilepsie myoclonique sévère du nourrisson ( EMSN )

⦁ Qu’est-ce que le syndrome de Dravet ?

Le syndrome de Dravet est une épilepsie grave de l’enfant, d’origine génétique, qui débute avant l’âge d’un an par des crises convulsives (qui se manifestent par des secousses musculaires avec une perte de connaissance), souvent déclenchées par de la fièvre. Par la suite, les enfants ont des crises d’épilepsie de divers types. Ce syndrome entraîne un retard de développement généralement évident après l’âge de deux ans. Les enfants ont des difficultés de langage, une mauvaise coordination des mouvements et des troubles du
comportement.
Le nom « syndrome de Dravet », du nom du médecin français Charlotte Dravet qui a décrit la maladie, a progressivement remplacé l’ancien terme « épilepsie myoclonique sévère du nourrisson » (EMSN).

⦁ Combien de personnes sont atteintes de ce syndrome?

La prévalence à la naissance de la maladie (à un instant donné, nombre de naissances d’enfants qui seront atteints) est estimée de 1 sur 20 000 à 1 sur 40 000 naissances, mais ce chiffre est probablement sous-estimé.

⦁ Qui peut en être atteint ? Est-il présent partout dans le monde ?

Ce syndrome se révèle dans les premiers mois de la vie (le plus souvent vers l’âge de 5 mois).
Il touche deux fois plus de garçons que de filles. Il est présent partout dans le monde.

⦁ A quoi est-il dû ?

Le syndrome de Dravet est d’origine génétique, dans près de huit cas sur dix : il est dû à l’altération (mutation) ou l’absence (délétion) du gène appelé SCN1A, localisé sur le chromosome 2. Ce gène contient le « code » qui donne les instructions pour fabriquer une protéine, la « sous-unité alpha du canal sodium voltage-dépendant ». Les protéines ont des fonctions très variées : elles contribuent au fonctionnement normal de chaque cellule, et plus globalement, de l’organisme. Le canal sodium voltage-dépendant est nécessaire au bon fonctionnement du cerveau : il contribue à la propagation de l’information d’une cellule nerveuse (neurone) à une autre (influx nerveux). Dans le syndrome de Dravet, le mauvais fonctionnement de ce canal ou son absence conduisent à des perturbations de la transmission de l’influx nerveux, à l’origine de l’épilepsie et du retard de développement.
Dans les cas où aucune anomalie n’est détectée dans le gène SCN1A, il est probable que d’autres gènes non encore identifiés soient en cause.

⦁ Quelles en sont les manifestations ?

Les principales manifestations du syndrome de Dravet sont les crises d’épilepsies. Quelques autres manifestations y sont associées.

Crises d’épilepsie :

Les crises d’épilepsie sont variables d’un enfant à l’autre, de par leur nature, mais aussi de par leur sévérité, leur fréquence et leur durée. Tous les enfants n’ont pas tous les types de crises décrits ci-dessous. Certains n’auront que des crises tonico-cloniques et myocloniques (voir plus loin), d’autres auront beaucoup d’absences.
Les premières crises apparaissent généralement vers l’âge de 5-6 mois, souvent au moment d’un pic de fièvre. Elles se traduisent par une perte de connaissance et des secousses musculaires (convulsions) rapides, violentes, touchant tout le corps (crises généralisées) ou une moitié seulement (crises unilatérales). Ces crises sont dites cloniques ou tonicocloniques.
Elles surviennent toutes les 6 à 8 semaines environ. Elles peuvent être plus ou moins longues mais dans certains cas, elles se prolongent (plus de 30 minutes) ou se répètent avec des intervalles tellement courts qu’elles deviennent presque continues : il s’agit alors d’un « état de mal épileptique».
C’est la complication la plus grave de l’épilepsie car cet état de crise prolongée peut endommager le cerveau et entraîner des séquelles : pendant l’état de mal, l’enfant peut avoir du mal à respirer et le cerveau être mal oxygéné.
De plus, les battements du coeur deviennent irréguliers et cela peut être dangereux. L’état de mal doit être traité en urgence (voir le chapitre « Le traitement, la prise en charge, la prévention »).
Entre un et quatre ans, les crises tonico-cloniques deviennent de plus en plus fréquentes. Les crises ne sont plus aussi souvent associées aux épisodes de fièvre et peuvent survenir à n’importe quel moment du jour et de la nuit. D’autres types de crises d’épilepsie apparaissent :

– Le second type de crises le plus couramment observé est le type « myoclonique ». Ces crises sont caractérisées par des secousses musculaires brutales, rythmées (myoclonies) sans perte de connaissance (l’enfant est tout à fait conscient de ce qui se passe). Elles ressemblent aux contractions musculaires provoquées par une décharge électrique ou par des sursauts. Les myoclonies surviennent par « salves », c’est-à-dire que plusieurs secousses se succèdent, souvent plusieurs fois par jour et sont plus ou moins fortes. Quand elles touchent les jambes, elles peuvent entraîner des chutes.

– D’autres crises épileptiques, appelées « absences », peuvent survenir. Ce sont des pertes de contact très brèves avec l’entourage, au cours desquelles l’enfant reste immobile, le regard dans le vague et ne répond plus. Le plus souvent, les absences ne durent pas plus de 15 secondes, mais elles peuvent se répéter de façon rapprochée. Après l’absence, l’enfant reprend aussitôt son activité et ne garde aucun souvenir de l’épisode. Parfois, les absences durent plus longtemps (environ 1 minute), avec un début et une fin progressifs, et entraînent une chute de l’enfant. Des mouvements de secousses musculaires ou de raidissement du corps peuvent s’y associer. On parle alors d’absences atypiques.

– Des crises partielles complexes peuvent également apparaître. Il s’agit de crises au cours desquelles la conscience est perturbée : l’enfant semble « ahuri », confus. Le plus souvent, la crise s’accompagne de gestes bizarres, appelés automatismes, comme par exemple marmonner des mots incompréhensibles, mâchonner, se frotter les mains, arranger ses vêtements, se déplacer (automatisme de déambulation)… En général, la crise cesse après quelques minutes. Ensuite, l’enfant semble souvent fatigué et un peu perdu mais ne
conserve aucun souvenir de ce qui s’est passé. La fièvre est souvent un élément déclencheur important (crise fébrile). Mais il arrive que
les crises soient déclenchées par des « flashs » de lumière qui s’allument et s’éteignent rapidement (intermittents) : on parle d’épilepsie photosensible. Ainsi, le soleil, la télévision ou même la fermeture et l’ouverture rapide des paupières peuvent provoquer une
crise. Parfois, le fait d’entrer dans une pièce chaude ou dans un bain, voire dans l’eau de mer, peut suffire à déclencher une crise. Une crise peut aussi être provoquée par un effort physique ou une excitation.

Autres manifestations

Presque tous les enfants atteints du syndrome de Dravet ont, dans la toute petite enfance, un retard de développement et/ou des troubles de l’apprentissage qui s’intensifient avec le temps et évoluent vers un déficit intellectuel. La moitié d’entre eux présente un déficit « sévère ». Le langage est souvent très affecté : si beaucoup d’enfants réussissent à parler, il faut généralement « décoder » leurs paroles. A partir de l’âge de 4 ans environ, les « retards » de l’enfant se stabilisent.
Des troubles du comportement plus ou moins importants apparaissent : les enfants sont souvent très actifs, ils s’opposent, sont têtus. Ces troubles font l’objet d’une prise en charge spécifique (voir le chapitre « Quelles sont les aides mises en oeuvre pour limiter et prévenir le handicap ? ») qui permet de diminuer leur retentissement dans les apprentissages et la vie quotidienne des malades et de leur familles (voir le chapitre « Vivre avec »). Des troubles du sommeil peuvent également apparaître.
Avec le temps, les mouvements des enfants manquent peu à peu de coordination, c’est-à dire qu’ils sont désordonnés (ataxie). Cela gêne la marche (démarche instable, titubante) et occasionne des troubles dans l’exécution des mouvements fins (dessiner, s’habiller,…).
Des troubles du regard peuvent être présents (difficultés à fixer ou poursuivre un objet, à explorer une scène visuelle), ils peuvent avoir une incidence sur la coordination oeil-main. Dans certains cas, les enfants peuvent même perdre ce qu’ils avaient acquis, comme la marche ou les quelques mots qu’ils connaissaient.
Par ailleurs, les enfants atteints du syndrome de Dravet sont plus fragiles que les autres, et ont plus de risque de développer des infections graves. Certains enfants sont gênés par des douleurs dues à des déformations de la colonne vertébrale : ils peuvent avoir une déviation de la colonne en S (scoliose) ou avoir le dos courbé en avant (cyphose). Il arrive également que des enfants soient gênés par des pieds plats.

⦁ Quelle est son évolution ?

Le syndrome de Dravet est une maladie sévère, les crises d’épilepsie étant très difficiles à arrêter par des médicaments.
Le développement des bébés dans la première année de vie est normal mais la répétition et l’intensification des crises à partir de la deuxième année entraîne un ralentissement de leur développement.
Les crises se poursuivent dans l’enfance, mais à une fréquence plus ou moins élevée. Généralement, bien que persistant à l’adolescence et à l’âge adulte, elles deviennent moins importantes à partir de l’adolescence.
Chez l’adolescent et l’adulte, les troubles du caractère et du comportement peuvent devenir le problème le plus difficile à gérer pour l’entourage et l’épilepsie peut passer au second plan. De même, les troubles du sommeil peuvent prendre plus d’importance avec le temps.
Globalement, le syndrome de Dravet est une maladie sévère qui entraîne un décès prématuré dans 15 % des cas environ. Les causes de décès sont la plupart du temps liées à un état de mal épileptique, à une infection ou à un accident dû à une crise (chute par exemple) voire à une mort subite.

⦁ Quels handicaps découlent des manifestations du syndrome ?

Le syndrome de Dravet entraîne une situation de handicap qui nécessite la mise en oeuvre de protocoles de prises en charge particuliers du fait d’un déficit intellectuel associé à des troubles du comportement et d’une mauvaise coordination des mouvements.
Le déficit intellectuel est à l’origine de troubles de la concentration, de l’attention, ou de troubles de la mémoire d’importance variable (troubles cognitifs).
Les enfants ont du mal à s’exprimer correctement et les troubles du comportement s’ajoutent et retentissent aussi sur leurs difficultés de communication. La conséquence de ces déficiences est un handicap qui touche la communication et l’autonomie (voir le chapitre « Vivre avec »), et qui peut être amélioré par une rééducation fonctionnelle et certaines aides techniques (voir le chapitre « Quelles sont les autres modalités de prise en charge de cette maladie ? »).
Lorsqu’ils bénéficient d’un encadrement adapté, la plupart des enfants est capable de beaucoup de progrès, tant sur le plan physique, qu’intellectuel et social.

⦁ Comment expliquer les manifestations ?

Le syndrome de Dravet est une forme d’épilepsie. Les épilepsies sont des maladies dues à un mauvais fonctionnement temporaire du cerveau, qui se manifeste surtout par des « crises », se répétant plus ou moins fréquemment. D’ailleurs, le terme « épilepsie » vient du grec et signifie « prendre par surprise, attaquer ».
Ces crises sont dues à une activité anormale des cellules nerveuses du cerveau (les neurones). De manière générale, les neurones communiquent entre eux et avec le reste du corps grâce à des signaux électriques contrôlés qui constituent les informations nerveuses (l’influx nerveux). Les crises d’épilepsie surviennent lorsqu’un groupe de neurones produit des signaux électriques non contrôlés et au même moment (ils sont synchrones), de façon soudaine et anormale, un peu comme un orage. Ces « décharges » électriques peuvent naître dans différentes zones du cerveau et se propager à l’ensemble du cerveau : l’information nerveuse est brouillée, provoquant par exemple des contractions anormales des muscles, ce qui constitue les convulsions. Lorsque ce sont les muscles qui sont touchés, la manifestation peut être « spectaculaire » puisque tout le corps peut convulser. Dans le syndrome de Dravet, ce sont le dysfonctionnement presque constant et les épisodes d’état de mal qui endommagent progressivement le cerveau et provoquent un retard de développement psychomoteur et un déficit intellectuel.

A propos de l'auteur

Audrey Reaux

Audrey Reaux

Parce que toute n'est pas toujours bien compris ou mal interprété dans la vie de papa et maman d'enfants qui semblent ordinaire mais qui vivent l'extraordinaire au quotidien. Alors pour partager et témoigner du quotidien de mes 4 fantastiques, mais plus particulièrement de la maladie de THAÏS et MATHIAS : Le Syndrome de Dravet , je tiendrais ce site du mieux que je le pourrais afin que d'autres parents qui vivent le même combat que nous puisse y trouver du soutient et que tous puisse avoir un regard diffèrent sur des enfants ordinaire mais qui se battent contre l’extraordinaire tous les jours.

1Z0-061  | 9A0-385  | 70-411  | 220-901  | 700-037  | 70-270  | c2010-652  | 70-417  | 810-403  | 70-494  | MB6-702  | 200-310  | 210-065  | 70-486  | 640-916  | 642-732  | 220-802  | 350-018  | 200-105  | 1z0-808  | c2010-657  | 70-466  | 70-178  | 640-692  | 70-177  | 2V0-621  | 1z0-434  | 000-104  | 1Z0-060  | 70-488  | 74-343  | 350-029  | 300-206  | 70-346  | 100-101  | 300-135  | 350-060  | 70-347  | 400-101  | 350-080  | 210-260  | 000-080  | 642-999  | 500-260  | 70-480  | 642-997  | 70-410  | 000-017  | 200-120  | 300-320  | 70-461  | 101-400  | 300-209  | 1Z0-144  | 000-106  | 600-455  | MB5-705  | 70-483  | 70-413  | 70-532  | 200-125  | 70-981  | 70-697  | MB2-704  | 70-246  | 70-487  | 70-534  | 000-089  | 70-533  | 210-065  | 70-980  | 210-060  | 70-680  | 300-085  | 70-462  |